Chartreuse du Glandier

La chartreuse du GlandierLa chartreuse Notre-Dame du Glandier située sur la commune de Beyssac et non Orgnac-sur-Vézère fut fondée le 10 novembre, veille de la Saint-Martin en l’an 1219 sous le règne de Philippe-Auguste et le pontificat de Grégoire IX par Archambaud VII Vicomte de Comborn.

Archambaud VI, fit don du château du Glandier, terre seigneuriale avec droit de justice, « pour salut de son âme et de celle de ses ancestres » disait le chartre de fondation.

Pour la légende, ce fut en expiation d’un grand crime. D’après le chartreux rédacteur du Galendarium, manuscrit du Glandier, manuscrit de 1863, Archambaud VI aurait tué un religieux de l’abbaye de TULLE qui s’opposait à l’élection comme abbé de l’un de ses neveux, en 1210. Et sur l’ordre du Pape, Archambaud VI, repentant, aurait décidé de fonder la Chartreuse afin d’expier son crime de la façon la plus éclatante.

Le plan fut celui de toutes les chartreuses, au Centre, se dressait l’église avec à ses datés de l’église, le grand cloître reliait les cellules, au nombre de douze initialement. Cet ensemble du monastère constituait la Maison Haute.
La Maison Basse, demeure des frères convers, fut bâtie à la grange qui portait alors le nom de Grange des Frères avec une église dédiée à Saint-Roch. Le sceau du Glandier comportait les armes du Vicomté de Comborn d’or à deux léopards de gueules.

La Chartreuse se développa progressivement, grands et petits seigneurs, bourgeois et paysans firent des dons, pour accroître la fondation. Ces chrétiens d’alors aimaient à considérer les religieux comme les régisseurs de leurs interdits spirituels.
La guerre de Cent Ans, notamment entre 1334 et 1349, puis après 1355, fit des ravages en Limousin. En 1408, la Chartreuse fut saccagée, pillée, ruinée. Le monastère fut reconstruit et devint plus célèbre que jamais au XVème siècle. Les Comborn, jusqu’au dernier des leurs, en 1513, se montrèrent très généreux. Antoine de Pompadour hérita des biens et les seigneurs de Pompadour devinrent les bienfaiteurs de la Chartreuse.
Durant les guerres de Religion, entre 1547 et 1570, le Glandier fut plusieurs fois pillé et à demi ruiné. Les pères durent même le quitter pour se réfugier à Pompadour.
Au début du XVIIe siècle, commença une période de paix et de sécurité jusqu’à la Révolution. Avec l’aide des vicomtes de Pompadour ce fut une seconde fondation. La surface de construction fut agrandie selon le plan resté tel que jusqu’à nos jours.
La Chartreuse, dans sa simplicité, connut un état prospère du point de vue matériel mais subordonné aux intérêts spirituels des religieux. Le rayonnement du monastère sur la région, les qualités reconnues des moines et de leurs prieurs, semblaient témoigner de leurs richesses spirituelles. La Révolution frappa à mort le Glandier. Les biens furent confisqués, les maisons pillées, les domaines mis en vente et les frères chassés. Le doyen d’âge des religieux put rester comme gardien de la Chartreuse, devenue propriété de l’état, mais ne put empêcher les vols et pillages, et il dut se réfugier à Beyssac où il fut enterré.
C’est en 1817 que Jean-Baptiste POUCH LA FARGE, juge de paix à Vigeois, acheta ce qui restait du Glandier. Son fils chercha à en tirer parti en créant une Forge. Ce maître de forge fit le mariage que l’on sait avec Marie Fortunée Capelle en Août 1839. Après la mort tragique de Lafarge, le 13 janvier suivant, sa femme accusée de l’avoir empoisonné à l’arsenic fut arrêtée.
Madame Lafarge fut condamnée aux travaux forcés à. perpétuité. Mais Louis Napoléon accorde, 11 ans plus tard, la grâce à Madame LAFARGE qui mourut peu après de la tuberculose en 1852. Elle est enterrée à ORNOLAC par Ussac-les-Bains (Ariège).

Les Chartreux achetèrent, par contrat signé le 1er mai 1860, les restes du Glandier et en 1869 ils relevèrent la maison de ses ruines. Sur les fondations de l’ancienne, la nouvelle Chartreuse fut élevée telle que nous l’avons actuellement

Pratiquant une règle austère, une vie à la fois solitaire et communautaire, les Chartreux refirent du Glandier un lieu de  silence et de prière, mais ils furent à nouveau obligés de le quitter en 1904.

Les bâtiment et les installations ont été versés par l’état à des particuliers. Après avoir abrité des enfants belges pendant la première guerre mondiale, puis servi à la Mutuelle des Gaziers de France le Glandier fut acheté par la Préfecture de la Seine en 1920.

Le Glandier devint alors un sanatorium puis un préventorium pour enfants du département de la Seine. En 1965, le recrutement des enfants atteints de primo-infection devint difficile. Il fut alors décidé de convertir de préventorium en Centre Psychothérapique pour enfants  semi-éducables. Le 5 janvier 1966 un premier groupe d’enfants était accueilli au Glandier.
Et en 1968, la conversion était terminée. Le Centre héberge maintenant environ 200 adultes.

La ville de Paris est toujours  propriétaire du Glandier malgré un changement de statut, celui ci a été érigé en établissement public départemental autonome au 1er janvier 2005

Le Glandier aujourd’hui

Photos : Danielle Dargacha-Sable

56 commentaires

  1. Jacqueline saffrey
    Publié le 03/04/2010 à 9:00 | Permalien

    J’ai fait un séjour au préventorium du Glandier, à la mort de mon père (tuberculose) en 1936.J’avais 6 ans. Je crois me souvenir encore de l’emplacement de la maison familiale dans laquelle j’ai été accueillie. Mon lit était à l’étage. Je me vois descendre un petit escalier qui tournait, dans les bras d’une gentille femme qui riait et moi chantant à tue-tête car je retournais chez ma maman.En fait, arrivée chez moi, la maison était en désordre, je n’avais pas vraiment un coin à moi, et j’ai ressenti un sentiment d’angoisse et de solitude que je n’ai pas oublié. Je ne sais pas combien de temps je suis restée au Glandier,qq. mois… mais je crois m’y être sentie en sécurité. Je me souviens aussi d’un documentaire sur les égoûts de Paris qu’on nous avait passé et qui m’a angoissé pendant longtemps à cause de la musique qui l’accompagnait.Je n’en sais plus le titre mais je l’ai gardée en mémoire. Je me souviens de grandes rondes et de promenades sur la colline. Non ça n’était pas un bagne et j’ai peut-être eu là plus de confort et d’attention que je n’en ai eu par la suite. A cette époque.
    Merci de votre site et vive Internet, car je peux maintenant situer ce « préventorium du Glandier » !

  2. Jacquemard
    Publié le 20/04/2010 à 12:20 | Permalien

    Aujourd’hui, j’ai été amenée à parler de la Chartreuse du Glandier, plutôt au séjour passé au préventorium alors que j’avais 7 ans et demi. Beaucoup d’émotions sont alors remontées et j’ai eu envie de chercher sur Internet cet endroit qui avait longtemps marqué mon enfance. J’avais eu quelques échanges via un forum sur les souvenirs de ces 6 longs mois à soigner une « primo-infection ». J’ai eu envie d’y retourner plusieurs fois, mais n’ai jamais eu le courage de concrétiser ce voyage. D’autres l’ont fait pour moi. Les photos laissées par Danielle sont une invitation à marcher sur les traces du passé, malgré les mauvais souvenirs.Mais, il me semble que la page sera vraiment tournée que lorsque j’aurais réussi à revoir la Chartreuse du Glandier. Merci à Danielle et à André.

  3. DARGACHA-SABLE
    Publié le 02/08/2010 à 12:54 | Permalien

    Je ne vous oublie pas ami(e)s du forum du Glandier. Aussi, n’hésitez pas à vous rendre en Corrèze afin de revoir cette magnifique Chartreuse. Elle a été si merveilleusement rénovée, modernisée et humanisée que rien du passé ne ressurgira. Bien au contraire, nous repartons de ce lieu : libérés, appaisés et heureux du changement. Vous y rencontrerez Alain qui est d’une grande gentillesse et d’une grande compétence tant sur l’histoire du Glandier que sur son rôle pédagogique. D’autres personnes sympathiques sont prêtes à vous recevoir pour vous guider à travers vos souvenirs.
    Bien amicalement à vous tous. DANIELLE

  4. morel
    Publié le 14/11/2010 à 6:12 | Permalien

    C’est en écoutant l’emission de mireille DUMAS avec pour invité GERARD HOLTZ et en l’entendant parler de son enfance et du GLANDIER que j’ai eu envie de visiter votre site.J’ai moi même etait pensionnaire c’était en 1965 ou 1966 et je suis resté une année.Je suis revenu il y a quelques années mais je n’ai pas oser remonter ses fameuses marches de l’entrée principale trop de souvenirs.
    Il faudra que je me decide à revenir sur les traces de mon passe même si cela m’est difficile.

  5. chaboureau
    Publié le 23/01/2011 à 5:17 | Permalien

    De l’été 1946 au printemps 1947 j’ai été pensionnaire au Glandier… j’avais un peu plus de 7 ans. Avant, J’avais connu d’autres internats. Mais je garde un très mauvais souvenir de ce lieu… du côté des filles, la galerie n’était pas chauffée et les carreaux étaient cassés or l’hiver a été rude ainsi que le personnel qui s’occupait de nous… la nourriture très passable… mon dortoir était installé dans une ancienne chapelle non chauffée où voletait des chauves-souris. On rêvait de « s’évader ».

  6. Publié le 10/02/2011 à 1:57 | Permalien

    merci avant tout pour ces belles photos du glandier, comme beaucoup j’y ai fait un sejour de huit mois en 1960,je crois que le seul mauvais souvenir c’était …..la séparation des parents, pas voir Papa Maman ,quand on a huit ans c’est un peu dur!!!certes , il y avait quelque surveillant(e) un peu rustre envers des mômes mais vraiment ce n’etait pas une généralité Les personnes que je me rappelle sont la gentille Madame Bonnel qui etait institutrice avec son mari,et que l’on empêchait de dormir quand on avait décider de faire « la foire » la nuit !!! monsieur Karéma,lagorce,ce qui me ferai grand plaisir c’est aller faire un tour ,peut on visiter???? bien sur sans embêter personne?Revoir cet endroit qui m’a nullement traumatiser est une chose que je veut faire depuis des année et puis revoir la correze d’une autre façon doit etre bien agréable merci encore pour votre site!!!

  7. dubois henri
    Publié le 16/08/2011 à 7:34 | Permalien

    C’est incroyable le mal à l’aise que je ressent en lisant les commentaires de tous ces enfants qui ont comme moi séjourné dans cet espèce de cloître.J’y suis séjourné également une année qui reste un traumatise et un souvenir à jamais gravé dans ma mémoires d’enfant et qui refuse dans repartir.Les envies d’y retourné sont pléthores…mais manque de courage et aussi de moyens.Bonjour à Mme Karéma qui à eu tant de bonté envers moi, et qui, comme Mlle Dumont ont sus me redonner en tant voulue le courage nécessaire pour surmonter cet envie d’évasion (d’ailleurs totalement impossible).C’est dans les années soixante que je me souviens de: Madeleine Caillat, Martine, Christian, de Marie-josé..Ahhh pour eux que j’ai connue, un grand merci.Réponse de ma part assurée, bien à vous, Henry…

  8. sudres
    Publié le 19/09/2011 à 12:03 | Permalien

    j’y ai séjourné durant neuf mois , j’avais alors 8ans,8ans et demi ce devait être en 1957 ou 58 ;je me souviens de mon arrivée dans une petite gare ou j’ai débarqué arrivant de Compiègne ! 9 mois sans voir les parents ce fut trés dur au début mais au fil du temps on se fait une raison …que de souvenirs , médailles ruban bleu pour les bon éléves en classe et rouges pour ceux qui étaient trés sages ! les promenades au belvédére ,les chataignes ; les chambrées avec sieste obligatoire et bandeau sur les yeux ,le lazaret (mise en quarantaine ) l’huile de foie de morue , les lavages d’estomac , se sont des souvenirs indélibiles

  9. gras
    Publié le 21/09/2011 à 12:29 | Permalien

    Bravo a sudres

    Dans mon premier message, je ne m’étais pas trop étendu sur mes souvenirs, mais quand on a parlé de médailles aux rubans bleus et rouges, du belvédère, huile de foie de morue que l’on nous donnait avant le petit déjeuner alors là beaucoup de choses me sont revenues !!!! bravo !!!

  10. DANIELLE
    Publié le 17/05/2012 à 12:30 | Permalien

    GRAS, SUDRE et HENRI,
    Effectivement il y avait l’horrible huile de foie de morue à ingurgiter le matin, l’obligation de manger le gras de jambon que les femmes essayait de m’enfonçait dans la gorge, et ces petites filles qu’elles déculottaient dans le réfectoire pour avoir osé parler durant le repas, les fesses à l’air elles devaient tourner afin que toutes les petites copines assistent à cette humiliation. Punition aussi durant toute la matinée dans la salle de cinéma, assises sur des chaises sans bouger, pour un murmure entendu durant le déjeuner. J’ai été enfermée sur la scène ( trou étroit et sale, réservé au souffleur) pour avoir bougé. Qui se souvient des affreux tubages, des coupes de cheveux à la garçonne. Oui heureusement il y avait le belvédère, là c’était génial.
    Ceux qui veulent revoir le Glandier, je vous invite à y aller, il est possible de le visiter et je peux vous dire que ce lieu est devenu très joli, les rénovations sont spectaculaires, j’ai posé des photos sur le site afin que vous puissiez revoir un morceau de votre enfance devenu plus doux. Ah, je me souviens d’une madame Bonnet, cette dame était gentille. D’être allée au Glandier en 2008, fait qu’ aujourd’hui, je suis apaisée, j’ai balayé les mauvais souvenirs pour ne retenir que ma dernière visite extraordinaire dans un lieu superbe. Contente de revenir un peu ici avec vous sur le site. Amicalement.

  11. Publié le 17/05/2012 à 2:54 | Permalien

    Je viens de lire votre message et c’est avec émotion que je de lire les sévices qui vous ont été faits il est vrai que ces «  »soignantes «  » avaient la patte leste et le geste viril
    le tubage ,cela je m en souviens très bien, lhuile de foie de morue avant le déjeuner aussi, j’avais trouvé une parade a ce supplice ,comme elles nous le donnait juste au moment de déjeuner je le gardais en bouche et je prenais tout de suite la confiture que l’on avait le matin au dejeuner bah!!!!mais je dois dire que personnellement je n’ai pas été puni de cette sorte , et je ne met pas votre parole en doute loin de là car j’en ai vu qui se prenais des claques ,et quelles claques sur la tronche ,il est vrai que c’était une autre époque, et que l’on s’attendait de la part de dame de retrouver un peu de tendresse ,je dis bien un peu mais la s’est vrai ,cela n’existait pas

    amicalement Jacques Gras

  12. DANIELLE
    Publié le 18/05/2012 à 10:49 | Permalien

    Bonjour Jacques,
    Il est vrai que dans les années cinquante, la pédagogie n’était pas d’actualité et que les personnels recrutés entraient probablement sans formation du tout.
    En fait, depuis l’âge de neuf ans, ( période où j’ai passé six mois au Glandier pour un ganglion au poumon), j’ai toujours gardé, l’adresse de ce préventorium que je martelais dans ma tête, durant des decennies « préventorium du glandier par Troche Corrèze »
    J’ai effectué des recherches sur des cartes puis sur des bottins de la poste qui répertoriaient tous les codes postaux de France. Rien, j’ai souvent pensé que j’avais déformé l’adresse lorsque j’étais petite. Puis internet est arrivé c’est là que je trouve enfin le Glandier, toutefois, je constate que ce n’est plus par Troche mais par Orgnac sur Vézère. Ceci explique que je ne trouvais pas et que mon souvenir d’enfant était bien réel.
    Je voulais, et ce depuis ma tendre enfance, témoigner librement de ce qui se passait là-bas à l’époque, j’ai toujours pensé que d’autres enfants pouvaient encore vivre la même chose, voir pire, il fallait parler…
    Il y a eu le site d’Orgnac, crée pas André, ceci m’a permis d’échanger durant plusieurs mois avec d’autres anciens du Glandier. Nous avons presque tous connu ou assisté à des mauvais traitements. Ma détermination m’a permis d’arriver au but, j’ai pu parler, raconter, échanger avec d’autres personnes qui m’ont confirmé que je n’avais pas rêvé et eux non plus.
    Je me suis donc rendue quinze jours à Orgnac pour des vacances qui m’ont porté, enfin, au Glandier, cinquante années plus tard.
    La boucle est bouclée, j’ai pu constater qu’aujourd’hui, les conditions sont humanisées pour les nouveaux pensionnaires handicapés, rien à voir avec le préventorium. La Chartreuse est un lieu agréable, les locaux sont clairs et coquettement aménagés. Les pensionnaires adultes sont visibles et bien instadans leur vie. Le personnel que j’ai pu rencontrer est extremement compétent. J’ai été rassurée enfin…
    Voila Jacques, moi aussi j’avais trouvé une parade pour éliminer l’huile de foie de morue, toutefois, j’admets qu’à l’époque ce traitement était considéré comme très bien pour la santé des enfants, sauf que ce n’était vraiment pas bon et quelle odeur infame…
    Merci pour votre réponse. Bien amicalement.

  13. Geneviève28
    Publié le 21/07/2012 à 1:30 | Permalien

    Bonjour tout le monde,

    Je vois que DANIELLE et aussi les autres personnes ont subits les mêmes déboires que moi, donc je vous raconte quand je suis arrivée là-bas en mars 58 je ne pesais que 25kilos, j’avais 9ans et demi j’y suis restée 6 mois sortie début octobre 58 à 32kilos.( période où j’ai passé six mois au Glandier pour des ganglions aux poumons par un test d’ intradermotuberculine ou j’ai eu une réaction positive)

    Pendant le voyage j’avais fais la connaissance d’une copine plus jeune que moi, elle avait 7ans elle s’appelait MARIE-CLAUDE D. quand nous sommes arrivés on nous a d’abord mis dans un endroit particulier que l’on appelait le NAZARETH pendant 15jours, soit disant c’était pour notre bien on nous avait mis en quarantaine, la première chose que l’on m’a faite faire en arrivant dans cet endroit c’est de jeter la boisson et les sandwiches que ma mère m’avait préparé dans un sceau, ensuite on te donnait des directives ou se trouvait les douches, ton dortoir, et le refectoire il y avait aussi le grand jardin mais on n’avait pas le droit au début d’y aller – alors le matin quand tu sortais du lit c’était tout d’abord comme le précise DANIELLE la cuillère de l’huile de foie de morue on se mettait à la queue leu leu beurk ou tu avais aussi le tubage (Introduction d’un tube couleur orange en caoutchouc dans la bouche qui passe par la gorge (trachée) pour se rendre jusqu’aux poumons et l’estomac et avec une poire on te faisait vomir (c’était de la bile) beurk c’était le matin à jeun ensuite tu avais le droit à un bonbon…) Ce n’était pas tous les jours heureusement, mais la cuillère de foie de morue elle c’était tout les jours, ensuite au réfectoire il y avait une vieille femme qui était assez rustre si tu ne mangeais pas ou que tu vomissais elle te faisait remanger ce que tu avais vomis cela m’avais choquée… Je me souviens du dortoir c’est vrai qu’il y avait des chauves souris et de peur qu’elles viennent se mettre dans mes cheveux je mettais mon drap pour dormir sur la tête, pour le coiffeur j’avais le droit à la coupe Mireille Mathieu on était toutes coiffées comme ça ensuite si on faisait la moindre bêtise on nous mettais à genoux sur un manche à balais les mains sur la tête, ce que je me souviens aussi c’est que la cheftaine c’est comme cela que l’on les appelait était très dure on faisait la sieste et je n’arrêtais pas de tousser elle se mettait assise sur le pied de mon lit et avec une baguette « elle me disait tu tousses encore je te mets un coup sur les doigts » alors je prenais mon oreiller et je toussais dedans comme c’était Pâques ma mère m’avait envoyée une très jolie carte avec un poussin dessus et la cheftaine me dit tu tousses encore je te la déchire et elle me l’a déchirée devant moi, et je ne pouvais rien faire, la même personne me disait d’aller prendre ma douche mais je ne pouvais pas restée dessous car cela m’étouffait eh bien elle me tenait la tête pour que je puisse rester sous la douche, je hurlais mais je pense que j’étais sa bête noire c’est vrai que je pleurais pas mal je m’ennuyais de mes parents et la cheftaine n’était pas très gentille aussi envers moi et au bout de quinze jours on est montée, dans un autre bâtiment concernant mon séjour et là les gens étaient très gentils mais les quinze jours que j’ai passé en bas je l’ai maudit… dans l’autre réfectoire on nous donnait nos médicaments il n’y avait plus d’huile de foie de morue, le soir on chantait on pouvait aller dans le parc avec les personnes qui venaient nous voir c’est vrai que j’aimerais bien y retourner rien que pour l’endroit et aussi le Belvédère – merci DANIELLE pour les photos – Geneviève

  14. DANIELLE
    Publié le 17/08/2012 à 11:26 | Permalien

    Bonjour Geneviève,Bonjour à tous,
    Je viens seulement de lire votre message et je suis impressionnée par la quantité de vos souvenirs alors que vous étiez si jeune. Pour ma part, j’ai oublié pas mal de choses, et ma foi fort heureusement…
    Par contre, effectivement je me souviens, après l’isolement de 15 jours, donc en haut, d’une petite fille à qui l’on avait fait manger son vomis, nous étions bouches bées à la table, complètement écoeurées, nous découvrions des méthodes barbares. Et si mes parents avaient su et vu où j’étais, ça aurait bardé!!
    Les siestes n’étaient pas de tout repos car obligation de rester sur le dos les bras le long du corps et si l’on bougeait une femme de garde arrivait et nous remettait en place sur le dos, c’était affeux de tenir ainsi durant au moins deux heures. J’ai essayé de les tromper en faignant d’être endormie et de me tourner doucement sur le côté, elle venait et me demandait sans ménagement de me remettre sur le dos.
    Dans la cour il y avait une barre fixe où je faisais des pirouettes, je me souviens que je voulais toujours faire plus fort. J’ai bu l’eau des ruisseaux qui coulait dans le belvédère, quelle belle liberté dans ces espaces verts où nous arrivions à éviter la surveillance.
    Je voudrais que tous les enfants qui subissent des maltraitances, parlent, qu’ils ne craignent pas de dénoncer ces personnes immondes qui souvent sont protégées par les institutions. Qu’ils parlent à leurs parents, aux connaissances, qu’ils téléphonent aux services d’aide à l’enfance, il faut que l’on entende leurs voix pour que s’arrêtent ces souffrances.
    Au plaisir de vous retrouver les anciens du préventorium, ceux qui ont eu, un jour, le malheur d’avoir un test tuberculinique positif.
    Geneviève vous pouvez voir sur les photos, le Nazareth, là où il y a des toiles, pare-soleil, arrondies au dessus des fenêtres, aujourd’hui c’est coquet…
    Bien amicalement à tous.

  15. dethyre jean marc
    Publié le 15/09/2012 à 8:24 | Permalien

    j’ai subi aussi l’huile de foie de morue et les tubages ainsi que l’obligation de manger des endives cuites a l’eau amères, et un horrible de cuistot qui nous forçait a manger. Sinon un seul bon souvenir : une fête interne avec concours du plus gros mangeur de purée qui (tenait bien au corps) année 1955 pour 9 mois. Cette période reste indélébile dans une vie.

  16. DARGACHA-SABLE
    Publié le 15/09/2012 à 3:03 | Permalien

    Bonjour à vous tous,

    Excusez moi, cela fait un petit moment que je ne suis pas venue parler avec vous, je viens de recevoir, directement sur ma messagerie, le mot de Jean-Marc que je remercie vivement.
    J’ai pu constater, à travers les divers témoignages, que les garçons n’étaient pas mieux servis que les filles, même régime militaire!
    Par contre, une fois refusant de manger du gras de jambon, on m’a expédié au réfectoire des garçons, j’ai eu la honte de ma vie, j’étais mal à l’aise et n’ai pas prononcé un mot, j’ai fait l’objet de regards et de moqueries, évidement. Néanmoins, déterminée, j’ai laissé le gras au bord de l’assiette, rien ne m’aurait fait céder. Les garçons sont sortis de table j’attendais..Un cuisinier est venu vers moi et m’a dit de laisser, il a retiré l’assiette, j’ai été soulagée car ça évitait un pugila certain. Il a été gentil ce monsieur, peut-être parce que j’étais une petite fille… J’avais cru du coup que, coté garçon, c’était bien, que le personnel était bien gentil..
    Des anecdotes , nous en avons tellement, à nous tous on pourrait écrire un livre.
    Si vous le pouvez Jean-Marc, allez visiter la chartreuse car aujourd’hui elle est bien belle et tellement plus humaine. Je dirais enfin humanisée, car selon l’histoire de cet endroit, il semblerait que le bonheur n’ait jamais franchi la grande porte d’entrée, ce fut autrefois durant des siecles, un endroit austère plein de violence. Pourtant cet établissement est dans un écrin de verdure, c’est vraiment joli.
    J’y étais en 1956 (septembre ou octobre), retour sur Paris mars avril 1957, soit six mois de préventorium. Nous nous sommes peut-être croisé?
    Et bien je suis contente de retrouver des anciens du préventorium, je vous souhaite une belle vie et à bientôt.
    Amicalement. Danielle

  17. Michèle
    Publié le 24/09/2012 à 2:36 | Permalien

    Je viens de relire les commentaires de personnes qui comme moi ont séjournées dans ce Glandier.
    J’y était dans les années 58/59, pour un séjour de 7 mois 1/2, et les souvenirs que j’en garde sont loin de ressembler aux témoignages.
    Pour ma part, hors mit la séparation de la famille (venant moi aussi de l’Oise près de Compiègne) et n’ayant eu aucune visite pendant ce séjour, l’huile de foie de morue et le tubage, mes souvenirs sont ceux d’une enfant qui à passé un très beau Noël (dont je me souviens encore des cadeaux) avec sur une estrade un magnifique et gigantesque sapin, un père Noël vu pour la première fois de ma vie, mais aussi les repas du dimanche, la toilette avec Mme Benoit assise au milieu de la pièce pour l’inspection, la distribution des friandises au moment des fêtes de fin d’année et les promenades dans cette verdure près des rivières.
    Non décidément rien à dire sur des sévices corporel ou autres, et c’est avec plaisir que grâce à internet, j’ai eu la possibilité de revoir ce lieu.
    Comme tout enfant, le plus marquant pour moi reste la séparation, venant d’une famille qui vivait à la campagne avec 4 soeurs et 1 frère, j’avais déjà l’habitude du partage et de la vie simple.
    Dans ces années là, à la campagne, le chauffage et le confort restaient presque un luxe, bien que mes parents donnaient le meilleur d’eux-même afin de ne pas manquer en nourriture et soins.(La brique au fond du lit pour chauffer les draps,le partage d’une pièce transformée en dortoir etc etc) mon enfance à connu, jusqu’à l’hébergement d’une famille de 4 personnes dans la difficulté.
    Maintenant, c’est comme pour le camping, à égalité, certains garderont le meilleur de leurs vacances, quand d’autres n’y trouverons que des désagréments.
    Cela tiens à la personne, à son comportement et son ressenti dans ce qu’il veut en garder.
    Moi j’ai pris le parti de ne garder que le meilleur, car dans toutes situations <>
    Lorsque je vois la vie qui ce profil aujourd’hui, je me dis que j’ai vécu (malgré cette coupure familiale) le meilleur.

  18. Michèle
    Publié le 24/09/2012 à 2:40 | Permalien

    Dans mon texte précédant, je voulais dire que dans toutes situations, RIEN N’EST PARFAIT.

  19. DANIELLE
    Publié le 04/10/2012 à 12:11 | Permalien

    Bonjour Michelle, bonjour à tous,

    Je suis contente de votre témoignage, parce qu’il montre qu’une année après mon passage au Glandier, tout avait changé semble-t-il, et là, je dis ouf! Ou bien vous n’avez rien vu et là aussi je dis ouf!
    En effet, vous avez été épargnée psychologiquement et c’est tant mieux.
    Malheureusement, vous constaterez que tous les témoignages se rejoignent pour décrire des conditions désastreuses. Il n’est pas question ici de critiquer les soins comme, la prise d’huile de foie de morrue lors de notre isolement, nous le mentionons juste comme un souvenir désagréable qui nous fait sourire aujourd’hui, ni de dénoncer les tubages qui faisaient parti des examens de contrôle, même si pour un jeune enfant c’était un supplice. Nous avons vu et vécu des choses là-bas, et si certains enfants sont passés à travers tout cela, et bien c’est heureux.
    Non, rien n’est parfait, surtout lorsqu’à votre table, où déjeunent environ une dizaine de fillettes, la surveillante force une petite fille à ingurgiter son vomi…Comment oublier cela? Et tout le reste qui est mentionné plus haut.
    Néanmoins, la vie a continué et ceci a permis à beaucoup d’entres nous de savoir ce qu’il ne fallait jamais faire. Finalement, pour positiver, on peut dire que ce fut formateur!
    Les gens de notre génération ont vécu, pour la plupart, une jeunesse sans confort, avec le chauffage à charbon qui s’éteignait la nuit, les toilettes du matin dans une cuvette, néanmoins tout cela c’était « comme ça » jusqu’en 1960, mais ce n’était pas de la maltraitance, c’était la vie simple d’avant l’expension économique. Nous n’en étions pas specialement malheureux, pas toujours heureux non plus, c’était la vie de l’époque, rude parfois, avec plein d’amour dans les familles.
    Un point positif toutefois, j’ai été, malgré tout, soignée et guérie au préventorium!

  20. boukobza
    Publié le 04/11/2012 à 11:41 | Permalien

    J’arrive sur ce site, je lis et je ne sais plus si j’ai envie d’exulter, de rire, de crier mon bonheur ou de pleurer.
    Je vous retrouve, compagnons d’infortune qui avez vécu ce que j’ai vécu, là-bas, dans le trou du cul de la France profonde, en Corrèze froide, gelée et pourtant si belle.
    Des paysages merveilleux qui ne pouvaient laisser augurer de la souffrance que nous allions vivre mon frère et moi, lui 10 ans et moi 8, hiver 1958.
    Torture de plus d’un an et comme « au café des enfants de la peine »..sévices compris.
    Monsieur Karéma et sa clique, un cordon bleu si tu fermes ta gueule quand tu subis, un cordon rouge si t’en redemandes.
    Une médaille quelquefois quand tu as tellement accepté quelle pourrait t’être décernée à titre posthume.
    Je me souviens de l’huile de foie de morue (moindre mal), des siestes mortifères sans bouger dans son corps, bandeau sur les yeux, interdiction de penser.
    Je me souviens des repas spartiates, gros bouts de lard avec poils de cochon sur la couenne qu’on nous servait froid et qu’on ravalait chaud quand on les avait vomis.
    Je me souviens des claques de nos tortionnaires et des coups des Kapos adolescents formés à la violence.
    Et le reste, je me souviens de tout.
    Pourtant, je pleure sur moi et je pleure sur vous car je sens bien que ces témoignages arrivent très tard et que du coup, on pardonne, mieux on les chérit ces souvenirs et on pousserait le vice jusqu’à les revivre s’ils nous rendaient ce qu’on a perdu de plus beau : l’enfance.
    Alors j’adresse ce message à tous ceux qui ont écrit :
    je vous aime inconditionnellement.
    Car je sais qu’après cette expérience du Glandier, vous ne pouvez pas être devenus autre chose que ce que je suis moi-même.
    Je n’irai pas visiter le Glandier, que je garde dans son jus au fond de ma tête.
    Par contre je reviendrai sur ce site comme en pèlerinage, je vous écrirai un petit mot et je retournerai à mes occupations.
    Je suis finalement très heureux d’appartenir à notre communauté, celle des anciens du Glandier.

  21. DANIELLE
    Publié le 08/11/2012 à 8:33 | Permalien

    Bonjour Boukobza,

    J’ai lu avec beaucoup de plaisir et d’émotion votre témoignage, il rejoint et confirme, malheureusement, tout ce qui a été dit ici et sur le site précédent qu’André avait mis à disposition pour tous, je vous remercie de nous avoir rejoint.
    Si je suis retournée au Glandier, ce n’est pas pour pardonner, ni pleurer sur moi, mais pour comprendre ce qui nous est arrivé à tous. Je voulais aussi, rejeter ces vieilles images grises et ternes qui me suivent depuis tant et tant d’années et surtout vérifier que ce temps là est révolu là-bas dans le fin fond de cette belle France.
    Oui, ce retour m’a fait du bien, je suis rassurée sur ceux qui aujourd’hui ont pris la relève, ce sont d’autres malades et d’autres personnels, d’autres conditions de vie tellement améliorées, mais aussi des locaux qui n’ont plus rien à voir avec ceux que nous avons connus…J’ai vu un autre univers.
    Pourtant, cette visite fut chagée d’émotion car, je suis retournée dans la salle de cinéma, là même où je fus enfermée dans un trou dégoûtant, qui servait autrefois aux souffleurs. Grâce à Alain, un responsable éducateur, qui m’a fait visiter le « préven » de long en large, je peux, enfin aujourd’hui, poser des nouvelles images en couleur sur celles d’autrefois.
    C’est pourquoi, Boukobza, je vous invite à visiter ce lieu afin de décharger toutes les émotions négatives qui vous habitent encore, on n’effacera probablement pas tout, mais nous devons apprendre à vivre avec le passé quel qu’il fut.
    Comme je le disais plus haut, ce passage, au préventorium , fut probablement formateur, parce qu’il nous a rendu plus humain, c’est ça que nous sommes devenus. Faut-il que ce soit dans le malheur que nous devenions juste un peu meilleurs..
    Au plaisir et bien amicalement.

  22. boukobza
    Publié le 12/11/2012 à 10:10 | Permalien

    Ma chère Danielle,
    Je prends toujours plaisir à vous lire.
    J’aime cette façon que vous avez de planter le bâton merdeux qui nous aide à marcher droit dans la vie et qui s’appelle Glandier.
    Oui vous avez raison poëtesse, le bâton a fleuri et pousse dessus, des bourgeons d’amandier, délicats souvenirs d’une jeunesse en noir et blanc qui contraste avec les couleurs crues, les mots crus, les idées crues et même les sushis crus qu’on nous propose aujourd’hui.
    Décidément je vous adore.
    Je vous imagine petite fille aux cheveux courts dans les couloirs glacés de notre cloître et je suis sûr que nous nous sommes croisés.
    Je portais un béret et une sorte de houpelande en gros feutre bleu marine.
    Les souvenirs foisonnent qui m’impressionnent et les « non souvenirs » encore plus.
    Par exemple, je ne me souviens pas d’un seul instant de musique durant ce séjour.
    Pas même les trois notes d’un clairon pour adoucir nos moeurs.
    Quand je suis sorti du Glandier, Gilbert Bécaud nous baladait le long de ses marchés de Provence quand Gainsbourg
    nous entrainait dans les couloirs du métro Lilas.
    Pour son anniversaire, j’ai chanté à ma mère qui m’avait abandonné « maman tu es… la plus belle du monde ».
    Ne faites pas de mauvais diagnostic Danielle.
    Je ne suis pas aigri et je garde affectueusement comme un trésor, ces images d’autrefois.
    Vous savez, j’avais du mal à croire à ma propre histoire et quand je l’ai racontée à mes enfants, j’ai eu très peur d’en exagérer le trait.
    Je m’aperçois que ce n’était pas une caricature et il faut que je me remette de cette émotion.
    Bien sûr vous avez raison, il faut chasser les démons et retourner au Glandier.
    Merci de votre fidélité au rendez-vous des anciens et sachez que je m’appelle Hubert.
    Grosses bises à vous et à votre famille.
    Grosses bises à tous les autres.
    Hubert

  23. DANIELLE
    Publié le 21/11/2012 à 11:15 | Permalien

    Bonjour Hubert,

    Désolée Hubert, je ne me souviens pas du petit garçon qui portait un béret, par contre je me souviens d’avoir parlé souvent dans la cour, avec un garçon très timide.
    En fait, lorsque je dis que je me souviens, je revois bien les scènes dans leur ensemble, mais un flou persiste sur les visages.
    La grande cour était coupée en deux par un petit grillage bas,( selon mes souvenirs) et chacun d’un coté nous étions souvent ensemble, nous avions sympathisé. Nos rencontres se faisaient près de la barre fixe où j’effectuais mes pirouettes. C’est incroyable ce que l’on peut garder dans notre tête. Se sont imprimés dans nos mémoires, les petits évênements, heureux ou malheureux, les plus marquants, évidemment!
    D’ailleurs, vous disiez, Hubert que vous étiez au préventorium avec votre frère, qu’a-t-il gardé de ce passage en Corrèze? A deux, vous avez certainement pu adoucir le manque affectif. Etant votre aîné, il fut probablement protecteur, c’est pratique un grand frère.
    Effectivement, quand vous parlez de « non » souvenir, je me demande pourquoi nous avons occulté certaines choses? Des personnes disent se souvenir de fêtes, de films, de visites des familles,d’aide aux devoirs, étions nous trop malheureux pour ne pas voir ce qui était bien, ou bien en avons nous été écartés? Enfin…
    Loin de moi, l’idée de vous imaginer aigri, au contraire, vos messages montrent bien que vous êtes d’une grande énergie positive, même si je détecte d’anciennes souffrances. et je souris losque vous dites avoir raconté cette période à vos enfants, j’ai fait de même avec mon fils et ma petite fille. Il semblerait que tous les enfants qui sont passés là-bas, ont eu leur lot de peine. Malheureusement la Chartreuse n’a pas été la seule à nous servir si mal.
    Saviez-vous, qu’afin de combler les effectifs du Glandier, des enfants Parisiens, non malades, ont été placés là! Afin de rendre les lieus rentables, il fallait apporter de la chair fraîche, des orphelins ont fait l’affaire et sont restés au Glandier plusieurs années au milieu des enfants malades des poumons..La rentabilité date donc de loin!
    Je suis ennuyée de mobiliser ce site pour raconter des souvenirs, donc si vous le voulez je suis sur copains d’avant, pour ceux qui le désirent, peut-être y êtes vous aussi? Je communique déjà avec d’autres anciens que j’ai mis dans mes amis. Mais je reviendrai ici.
    Au plaisir Hubert.

  24. Hubert Boukobza
    Publié le 02/12/2012 à 8:54 | Permalien

    Danielle,
    Merci de m’aider à reconstituer le puzzle.
    Maintenant que vous me le dites, je me souviens que mon frère, mon grand frère Jules n’avait pas viré sa cutie, comme on disait à l’époque sans connotation sexuelle, et que moi-même ayant viré la mienne, j’étais parfaitement sain.
    Les raisons invoquées de mon internement au Glandier étaient donc officiellement charitables puisqu’il s’agissait de ne pas laisser Jules trop seul.
    Jules, quel drôle de prénom, dur à porter en 1958.
    Jules est décédé à 25 ans d’un accident de moto. j’en avais 23.
    Il avait deux enfants, un garçon et une fille, comme moi et comme vous à ce que je comprends.
    Non, nous n’avons jamais eu l’occasion, le temps, l’envie de parler du Glandier dont il a plus souffert que moi, je le sais.
    J’ai mis du temps à faire le deuil de mon grand frère, il a fallu que mon propre fils ait l’âge de sa mort pour pleurer celui que j’adorais.
    Je vous dis cela car il me semble qu’il faut quelquefois longtemps pour que nous digériions certains événements de la vie et que nous puissions enfin en parler.
    Nous étions peut-être top jeunes pour discuter de ce que enfouissions dans nos jeunes têtes préoccupées d’apprendre et de se gorger de plaisirs.
    Alors ce devoir de mémoire, si je l’effectue consciencieusement en vous racontant, c’est aussi pour lui que je le fais.
    Danielle, j’aime votre tendresse et je profite de votre épaule pour m’épancher.
    Oui je suis positif et je n’échangerais mes mois de Glandier contre RIEN.
    Comme vous, mes souvenirs restent flous pour beaucoup mais je me souviens comme une caresse sur mes yeux, de la campagne et des murs de notre préventorium.
    Je n’ai plus retrouvé depuis longtemps cette sensation sauvage de nature et ce goût de la pierre du cloître.
    Si vous revenez sur ce site, je vous raconterai quelques anecdotes vraiment drôles sur mon séjour au Glandier, vous verrez, il y a de quoi rire…
    Je profite de ce petit mot pour remercier le créateur de ce site que je nommerai désormais Sigmund s’il me le permet.
    Hubert

  25. Hubert Boukobza
    Publié le 02/12/2012 à 9:04 | Permalien

    Danielle,
    je tente de vous retrouver sur le site de Copains….pour ne plus encombrer celui-ci.
    A bientôt, j’espere.
    Hubert

  26. DANIELLE
    Publié le 06/12/2012 à 12:25 | Permalien

    Bonjour, bonjour,
    Oui, c’est vrai, on disait autrefois que l’on avait viré sa cutie. Je me souviens que sur mon bras gauche, j’avais un bouton qui me démangeait tant, qu’à force de l’arracher, il grossissait encore et encore. Elle avait superbement virée ma cutie! Il me semble que nous ne comprenions pas bien l’importance de cela, sauf lorsque nous étions séparés de notre famille, c’était terrible..
    Jules, vous dites que c’est un drôle de prénom.. oui! Si l’on considère qu’il est ancien et quelque peu sorti de mode depuis nos grands-parents qui le portaient si bien. Toutefois, les vieux prénoms reviennent ils sont très tendance, alors, Jules reviendra…Et puis porter un prénom qui n’est pas commun, cela donne de l’originalité et une personnalité à celle ou celui qui le porte. La personne, qui porte le prénom oiginal, lui donne toute sa valeur. Antoine le chanteur n’avait -il pas fait un clin d’oeil à ce prénom : mais Jules à dit à Jules…
    J’ai connu la même perte que vous à l’âge de 17 ans, le bouleversement de ma vie, il n’avait que 19 ans et s’appelait Robert. Vous voyez encore un vieux prénom adoré et inoubliable.
    Ah! je n’ai eu qu’un garçon et la petite fille dont je parlais, c’est ma petite fille c’est à dire que je suis sa mamie.
    Quant au Glandier, et bien je m’en serais bien passé avec grand plaisir. Pourtant, je me dis que, le chemin parcouru nous amène là où nous sommes, et si nous sommes satisfait du devenu, il me semble que c’est grâce ou à cause du passé. Que de choses apprises dans ces chemins plein d’ornières. Je pense que c’est à travers tout cela que l’on s’est construit… Si les évênements ne nous ont rien apporté humainement, alors c’est une cata. Malgré tout, le chemin est encore long, afin d’arriver à une imperfection honorable.
    Oui Hubert, racontez nous vos anectotes parce qu’il est vrai qu’à certains moments, notre innocence d’enfant reprenait son droit et que cela nous a permis des rigolades salvatrices.
    Moi même , je me souviens de moments amusants mais c’était à chaque fois que je contournais l’autorité, je volais ces instants, ce qui les rendaient encore meilleurs. A 9 ans, fasse aux ogres, on trouve des astuces..
    Le créateur de ce site s’appelle André, il a dû bien rire du surnom que vous lui avez attribué, ma foi Sigmund c’est pas mal et pas commun non plus.
    Bien amicalement. Danielle

  27. oiseaulys
    Publié le 07/12/2012 à 3:02 | Permalien

    Bonjour,
    je suis resté au préventorium du Glandier durant l’année 1967-1968, j’avais alors dix-onze ans. Je ne me retrouve absolument pas dans les différents témoignages précédents et, à part le cas unique d’une aide-soignante du Lazaret, le personnel, sans être pour autant débordant d’affection, c’est sûr, n’était certainement pas la garde-chiourme un peu sadique décrite par certains, en tous cas à l’époque où j’étais pensionnaire. Je n’ai vu aucun cas de maltraitance, pas même une simple gifle, et j’ai gardé un excellent souvenir de mon séjour. Les lieux étaient magnifiques et emplis de poésie. J’aimais les longues balades que nous faisions dans la campagne, surtout à l’automne. La vie était calme, régulière, rassurante…
    A l’époque où j’y étais, il n’y avait plus d’huile de foie de morue mais les patient étaient soignés par Rimifon. Deux choses désagréables que je n’aimais pas toutefois : on nous « gavait » littéralement, il fallait tout manger. Le matin, je ne supportait plus l’odeur du café au lait qui m’écoeurait. L’hiver, la diffusion de la chaleur dans les radiateurs du très long dortoir se faisait mal : trop chaud d’un côté et glacé à l’autre bout ! Et j’étais du mauvais côté, sans oser demander une couverture supplémentaire.
    Un autre souvenir, il y avait un instituteur extraordinaire qui non seulement m’a aidé à ne pas perdre une année scolaire mais m’a certainement même fait progresser…

  28. DANIELLE
    Publié le 08/12/2012 à 1:36 | Permalien

    Bonjour Oiseaulys, (très joli pseudo)

    C’est très compréhensif qu’en 1967 /1968, date de votre séjour, les conditions aient quelque peu évoluées favorablement au préventorium, et c’est un plaisir d’avoir des témoignages comme le votre. Même si la maintenance était encore défectueuse, ce n’est pas ce que les enfants redoutaient le plus. Les conditions n’étaient pas, non plus, des plus douillette , dans les familles à l’époque.
    Vous avez eu la chance de ne pas, subir ou voir vos petits camarades, réingurgiter les aliments qu’ils venaient de vomir, et c’est heureux. Vous y étiez 11 années après nous, ce qui démontre que quelques notions d’humanité étaient entrées dans les lieus. Il faut dire qu’à notre retour dans nos familles, nous avons parlé à nos parents et que certains d’entres-eux ont écrit afin de dénoncer les faits rapportés par nous..
    Croyez bien que ce n’est pas de gaité de coeur que l’on apporte des témoignages comme ceux que nous communiquons. Il est difficile de comparer des situations qui semblent similaires et qui pourtant ne peuvent l’être. D’une part, on ne peut comparer que des placements à des dates similaires.D’autre part, les enfants qui avaient 12 ou 13 ans, n’aurait pas permis aux adultes de les malmener. Lorsque j’étais au préventorium, il y avait tellement de punitions que « les grandes », se sont réunies pour se rendre en délégation auprès de la direction. Elles ont eu gain de cause « on ne touche pas aux grandes ». J’aimerais bien que ces fillettes qui se sont rebellées, viennent aujourd’hui témoigner pour dire que nous n’avons pas rêvé.
    Dans ce lieu se trouvait des gens bien, fort heureusement, ceci compensait cela. Et puis comme vous le dites, les promenades sur les petites routes, c’était formidable, je me souviens d’une accompagnatrice agréable. Les moments de liberté au belvédère étaient extraordinaires, ce lieu facinant est resté dans la tête de tous les pensionnaires. Lorsque j’y suis retournée en 2010, je n’ai pas trouvé l’entrée de ce parc où j’ai passé des instants inoubliables..
    Vous voyez, plus haut, cette vieille photo, où l’on peut voir ce dortoir impersonnel, en forme de couloir, avec ses lits alignés, et bien, j’ai dormi dans un de ces lits, le troisième ou le quatrième, ça c’est gravé dans la mémoire. Celle qui nous gardait là, c’était un adjudant qui nous faisait peur. Le dortoir du Lazareth était plus lumineux, plus agréable, plus large avec des baies vitrées.
    Dommage qu’aucun personnel n’intervienne sur ce site, droit de réserve oblige!
    Merci d’être venu nous dire que tout était devenu tellement plus doux,au Glandier en 1968, cette année là, j’étais déjà passée à une autre histoire, j’étais aux
    barricades à Paris.
    Au plaisir.

  29. DANIELLE
    Publié le 23/01/2013 à 4:31 | Permalien

    Je tourne chaque jour les pages de mon éphéméride et constate que fin janvier se profile, je m’empresse donc de vous souhaiter à tous une très heureuse année 2013, au plaisir de continuer, cette année, nos petites conversations sur ce site.
    Une bonne année à vous André et merci beaucoup .

  30. Maité
    Publié le 26/01/2013 à 8:44 | Permalien

    Bonjour à tous les anciens parias,
    J’ai passé neuf mois au Glandier en 1957 alors que j’y étais partie pour trois mois.J’avais sept ans.L’assistante sociale avait embobiné mes parents.Mais,la tuberculose devenait rare et il fallait remplir les prévens.Je me retrouve dans les pires de vos commentaires:le vomi réingurgité de force ,la non scolarisation et le redoublement au retour qui m’empoisonna le reste de ma scolarité ,la douche hebdomadaire et les sous-vêtements changés une fois par semaine,les petits jouets volés par les moniteurs ( « pour montrer à ma fille »),interdiction absolue de bouger pendant la cure de silence, les punitions par exemple être envoyée dans le réfectoire des garçons si on avait l’outrecuidance de chuchoter à table (par contre, c’était chouette car chez les garçons ,on pouvait parler au réfectoire),si on parlait avant de s’endormir passer toute la nuit enfermée dans le water ou debout dans un coin du dortoir,être appelée par son numéro et non par son nom,laver sa culotte avec de l’eau glacée quand on avait une gastro …l’inventaire pourrait être plus long …Heureusement il y avait le Belvédère quand il faisait beau , le cinéma quand on était sage( je ne m’en souviens pas mais ma mère avait gardé mes lettres et je les ai relues récemment.J’ai visité le Glandier il y a quelques mois mais la secretaire n’a pas su me situer le Belvédère.Je sais qu’on marchait en rang et en chantant pour y aller, avec nos capes et nos bérets.Enfin ,plutôt qu’un établissement sanitaire, ça avait tout d’une maison de correction.Sauf qu’on avait pas compris pourquoi, brûtalement ,on nous avait arraché à nos familles.

  31. DANIELLE
    Publié le 20/03/2013 à 1:33 | Permalien

    Bienvenue au club Maïté, j’ai été très touchée par votre récit, c’est exactement ce que j’ai vu. Nous pouvons aujourd’hui le dire alors nous gagnons en sereinité, l’abcès est percé.
    Il nous reste malgré tout les bons moments dans le merveilleux belvédaire et ses eaux vives qui courent parmis les sapins.
    Des mauvais souvenirs il y en a encore, ils restent incompréhensibles malgré les années passées.
    Au plaisir Maïté de vous retrouver ici, nous attendons toujours les anecdotes de Hubert.
    Bien amicalement.

  32. Publié le 22/06/2013 à 6:16 | Permalien

    bonjour a vous mes tres chers amis inconnu,qui par la force des choses ont sejourner au glandier,nous etions tous jeunes et malade sans vraiment sans rendre compte… mais une chose est sur cela nous a renforcer dans notre futur,doit ont remercier la maladie?doit ont remercier le lazaret ou ont nous mettai pour une quinzaine de jour le temps de voir le degret de notre maladie,bien sur tout comme vous j ai eu droit a l huile de foi de morue,et aussi du film le voleur de bicyclette,et aussi a monsieur karema au refectoir toijours pret a faire plaisir au enfants ah quel homme se monsieur karema, et aussi mlle montaigne adorable et humaine,et madame roche super aussi,je pense a vous de temps en temps,quand le grenier de ma memoire cherche a se rappeler mon enfance. j y ai sejourner de fin juin 1959 jusqu en fevier 1960,mais je dois vous l,avouer aujourd,hui,j ai rever du glandier, noua allions a l,ecole,ont ecoutai du brassens ,sur un vieux tourne disque,et bien sur le gros pain qu ont allais chercher a pompadour je crois,j etai a l arriere d une 2chevaux commionette ciroen,et le pain etait si bon houa,je n,ai jamais manger depuis un pain aussi bon,merci a ma primo infection,c etait un si grand et bon souvenir,que jusqu,a la fin de mes jours cela restera graver en moi,et un jour peu etre? qui c est j,irai faire un tour et prendre quelques photos vive la france …

  33. Publié le 22/06/2013 à 6:43 | Permalien

    et ausi j oubliai,ont s occupai aussi de nos dents,c etait pas un hotel, mais presque,et si quelqu,un avait l,air mechant c,etait qu,une capparence pour se faire obeir,car des betises ont en faisait a notre ages comme amusement,et bien sur cela devai agaccer quelque infirmiers ou surveillants, mais dans l,ensemble ont se marrai bien,et aussi j,etai dans un dortoir ou il y avait des cochons dessiner,une espece d,histoire en fresques pour enfants,nous mettions un bandeau sur nos yeux pour la sieste,mais moi petit malin de service je regardai un peu partout d,es la surveillante tournai les talons, et meme quand elle me punissai,cela ne me derangeai pas… maurice pas de cinema dimanche. et j,y allais quand meme parce qu,elle m,avait pardonner, dur dur pour c,est surveillants,et infirmiers,de nous avoir a tous,et surtout pas nous montrer que nous etions des malades,bravo a eux,qui ont su nous traiter comme n,importe quel enfant…je vous dit merci,et ce qui aurai pu etre un tres mauvais souvenir,n,en fut qu,un bon….

  34. oiseaulys
    Publié le 23/06/2013 à 5:46 | Permalien

    Monsieur, merci, votre témoignage est plus conforme que les précédents aux bons souvenirs que j’ai gardés du Glandier.
    J’y suis resté de 1967 à 1968. Madame Roche que vous évoquez y était toujours. Merci de m’avoir rappelé son nom. Elle était douce et gentille mais à vrai dire on la voyait rarement, je suppose qu’elle était affectée plutôt à un autre service, à l’époque le préventorium était en phase de réorientation vers d’autres activités et commençait à recevoir, dans une autre aile, d’autres types de patients que nous n’apercevions même pas… Je n’ai pas connu l’huile de foie de morue, j’étais soigné par Rimifon. En tous cas, je n’ai gardé que des bons souvenirs de ce séjour dans ce cadre magnifique…

  35. Publié le 24/06/2013 à 7:03 | Permalien

    mr oiseaulys, merci a vous,de donner aussi rapidement un commentaire a ma missive,aujourd,hui j,ai 63 ans,et les annees ont passer comme un coup de crayon sur une feuille de papier,ah que j,aimerai remonter le temps et revenir a c,est souvenirs si precieux,je n,ai pas rater ma vie bien au contraire,et grace au glandier j,ai certainement appris ce qu,etait un vrai bon coeur,j,essai du mieux que je peu d,aider mon prochain,car n,oublions pas une chose? nos parents nous ont tellement manquer a se moment la. il nous fallait tellement d,amour et de gentillesse,que la moindre petite faute de qui que se soit dans le glandier,nous aurai heurte?et il est vrai aussi que ceux qui ont eu de mauvais souvenirs dans l,etablissement,et je pense qu,ils sont sinceres aussi…mais souvenons nous que nous etions des gamins,et c,etait pas facile pour tout c,est infirmiers de faire respecter l,ordre,regarder aujourd,hui,comment meme faire avec des adultes dans notre propre pays,si chacun y mettai du sien ont irai tous un peu mieux,faut t,il des catastrophes pour s,aimer,nous marchons,nous voyons?et ca tellement beaucoups…je vous aimes tous,et surtout le temps des rimifons ou P.A.S, monsieur loiseaulys passer de bonnes vacances si vous y allez et que DIEU vous benisse ainssi qu,a votre famille…

  36. Barbier Monique
    Publié le 01/07/2013 à 7:33 | Permalien

    Bonjour

    Ayant pris connaissance de vos témoignages durant vos périodes au Glandier, j’ai moi-même ayant vécu cette expérience de juin 61 à mars 62. La séparation d’avec la famille a été une expérience douloureuse comme pour vous tous, mais que de bons souvenirs de nos promenades au belvédère !
    Je me souviens du parloir et de l’auberge hôtel qui se trouvait en face du centre.

  37. Ano Nyme
    Publié le 16/08/2013 à 2:36 | Permalien

    Bonjour à tous,
    je n’ai pas connu le préventorium, je travail au Glandier comme aide soignant.
    Une partie des résidents actuels on surement du prendre votre relève fin des années 60, ils sont encore là pour certains…
    Les murs extérieurs de la chartreuse n’ont pas changé, l’intérieur a été modernisé, maintenant il y fait chaud l’hiver ( du moins dans les chambres qui sont maintenant individuelles).
    La maltraitance a quitté les murs, l’huile de foie de morue aussi ;)
    j’aime lire vos témoignages, j’ai l’impression de voir à travers vos yeux la chartreuse d’il y a 50 ans…
    Je vous encourage à venir nous voir, peut etre en groupe, prévenez nous avant ça serait sympa que votre visite se fasse au moment du marché festif annuel ou au moment du vide grenier qui se tiennent dans la grande cour, des visites sont organisées…
    Ce serait l’occasion d’échanger entre vous, anciens résidents, les résidenst actuels et le personnel sans oublier les gens du coin qui pourraient vous indiquer ou est ce fameux belvédère…
    cordialement
    David

  38. DANIELLE
    Publié le 16/08/2013 à 10:24 | Permalien

    Bonjour David,
    Merci pour votre mail, nous sommes heureux d’être rejoints par une personne qui travaille au Glandier.
    Pourriez-vous nous communiquer les dates du marché festif ainsi que celle de la brocante.. Il serait certainement agréable à beaucoup d’anciens du préventorium de venir passer une journée dans cette belle chartreuse qui mérite le détour ( ainsi que le belvédère…)
    Au plaisir. DANIELLE

  39. MARTINE 75/62
    Publié le 10/09/2013 à 8:39 | Permalien

    Bonjour à tous les compagnons de solitude…
    La lecture de vos témoignages a fait remonter des souvenirs douloureux de 3 ans de séjour (1956-1959 pour une cutie virée avant l’entrée à l’école maternelle et une primo-infection) dans cet établissement que je qualifie encore d’orphelinat plutôt que de centre de soin!Il me rappelle le film « les disparus de St Agil. Certains pensent qu’on gardait les enfants plus que nécessaire pour rentabiliser le centre : je me pose la question aujourd’hui. Je n’ose plus raconter à mes enfants ou mes amis l’attente d’une éventuelle visite de mes parents, frère et sœurs, et le désespoir de ne jamais recevoir de lettre ou de colis, cause de cette impression d’abandon qui m’habite toujours malgré le temps qui passe. On croit souvent que je raconte les scènes d’un roman d’Hugo ou de Zola tant la misère physique et mentale est incroyable. J’ai connu moi aussi l’huile de foie de morue qu’on nous obligeait à avaler le matin. Nous le recrachions dans la serviette aussitôt arrivés à table, mais on a vite été découverts, aussi une personne nous faisait ouvrir le bouche pour vérifier qu’on l’avait bien avalée ! J’ai connu les cheveux coupés courts à l’arrivée parce qu’on ne sait pas se coiffer seule à 3 ou 4 ans. j’ai eu aussi la honte d’entrer au réfectoire avec ma culotte souillée d’urine la nuit, enfilée sur la tête pour m’apprendre à être propre ? Les siestes obligatoires avec le bandeau sur les yeux et les menaces d’aller voir le « cramponneau » sorte de monstre caché dans un placard ou dans un immense escalier, prêt à nous punir car nous n’étions pas assez sages et calmes. J’ai le vague souvenir d’un enfant qui vomissait le sang suite aux examens que vous décrivez ? Je me souviens seulement des nombreuses prises de sang mais pas les tubages. On m’a aussi mis en classe. A un moment, l’instituteur me demande de lire une phrase au tableau mais on avait oublié de m’apprendre à lire et écrire avant…Je suis surprise que personne ne mentionne la présence de sœurs « cornettes » (comme celles qu’on voit dans les films de De Funès). Ce sont pourtant elles qui m’ont laissé le souvenir le plus effrayant. Mais le pire a été pour moi les longues heures passées à attendre le sommeil et un éventuel câlin du soir, avec l’horloge du beffroi à côté du dortoir qui martelait. Les bons moments je ne m’en souvient plus, peut-être les balades dans la forêt où nous ramassions les châtaignes ? Je rêve pourtant de retourner voir ce lieu de désespoir pour exorciser les fantômes qui m’habitent encore.
    Voilà comment on pourrit sa vie avec des questions sans réponse : pourquoi tant de haine… Bonne route à tous, nous avons passé le pire !

  40. Gras Jacques
    Publié le 11/09/2013 à 7:59 | Permalien

    Bonjour à tous

    Cela fait un moment que je ne suis pas venu dialoguer avec vous,mais c’est toujours avec émotion que je lis les differents témoignages qui arrivent sur ce site.
    Je l’avais dit précédement, mais moi, je n’ai pas eu a me plaindre de maltraitance, peut être un fois, j’ai été secoué par une «  » »infirmiere » » comme nous les nommions
    Mes souvenirs du Glandier ne sont pas trop mauvais, comme nous tous, huile de foie de morue, remifon, et tubage font partie de mes mauvais souvenirs mais heureusement, que nous allions nous balader au belvedere, bien sur on nous faisait chanter a tue tête «  » j’me lève de bon matin quand le soleil se couche » », Madane Bonnel, l’institutrice avait été sympa avec moi-même le «  »père Karéma » » ne m’avait pas trop embêté pour me faire manger leur rata et pourtant j’étais et suis toujours difficile question «  »bouffe » ».
    Mais une chose qui a été positive, c’est la camaraderie, nous les petits mômes, on arrivait a se soutenir, voir se consoler pas quelques paroles ou le prêt d’un jouet (très rares les jouets) et je ne me souviens pas de «  »bagarres entre nous «  »déja une certaine solidarité !!!!
    Ce qui me manquait le plus, c’était les Parents et mes potes d’Aubervilliers
    Mais après avoir lus, les nombreux témoignages de maltraitances, je ressens pas mal de peine pour celles et ceux qui on subis ces saloperies, il est vrai que la pédagogie fin des années 50 début 60, n’était pas d’actualité et les surveillantes (de solides Correziennes) n’avaient pas trop l’instinct maternel envers nous
    Je souhaite quand même d’aller faire un tour la bas, car c’est un lieu qui m’a marqué même si je n’y suis resté que sept mois (janvier 1960 a juillet)
    Bien a vous et….a très bientôt
    Jacques

  41. Danielle
    Publié le 14/09/2013 à 11:24 | Permalien

    J’ai pris connaissance de vos messages, Martine et Jacques, je suis très touchée et j’y reviendrai…
    Avant, juste pour avoir le coeur léger, je voudrais vous demander, ainsi qu’à tous les anciens du Glandier, si vous avez le souvenir de certaines chansons que nous avons connues là-bas. Voici quelques lignes… sans la musique… vous parlent-elles:

    Il était un tout petit moulin
    Où vivait une jolie meunière
    Elle avait de grand cheveux de lin
    la la la, la la la, la la la,
    Refrain
    Jolie meunière tes yeux si doux
    Ils sont pour Pierre ou pour Jean-Lou
    Jolie meunière tes yeux si doux
    Ils sont pour Pierre ou pour Jean-Lou

    Autre chansonnette révolutionnaire que l’on martelait comme le dit si bien Jacques :

    Dans deux jours à ct’heure ci,
    Je ne serai plus ici,
    Je serai à Paris,
    Avec mes parents chéris,
    Adieu la campagne,
    Je m’en fous pas mal,
    Et de la Corrèze aussi,
    Vive Paris!

    Je me souviens d’une petite fille en 1956/1957, enfin elle était une grande fille pour moi car âgée d’environ 12 ou 13 ans. Elle m’avait prise en amitié ce qui m’a beaucoup aidé pour supporter les craintes. Cette grande fille chantait toujours une chanson qui, je pense, était en Espagnol, j’en ai gardé quelques mots… si elle lit ces lignes, je voudrais lui dire que je ne l’ai jamais oubliée. Evidemment, je vous pose les mots phonétiquement c’est si loin et ne connais pas l’Espagnol, désolée!!

    Sinior Spasin Sioré
    Qui jouait de la guitouné
    La la la, la la, la la,
    maille! maille ! ( ou my! my! ou maïl! maïl!..)

    Et, comme le dit Jacques, nous avons gardé en tête cette chanson amusante :

    J’me lève de bon matin (bis)
    Quand le soleil se couche,
    Coco l’haricot là là…
    J’encontre un cerisier (bis)
    Qu’était couvert de prunes
    Coco l’haricot la la..

    A bientôt Martine et Jacques avec plaisir..

  42. Oiseaulys
    Publié le 15/09/2013 à 6:54 | Permalien

    Bonjour,
    Je suis toujours extrêmement surpris de lire tous ces témoignages de brimades voire carrément de maltraitance. Car je n’ai jamais subi ni même été simplement témoin de ce genre de choses au Glandier me semble-t’il. Il est vrai que dans les années 1967-1968 pendant lesquelles j’étais au Glandier, le vent de la réforme y était peut-être passé… Sans doute aussi, je pouvais ne pas être étonné de certaines pratiques qui faisaient absolument partie du contexte général de l’époque, dans toute la société. Même à l’école, à l’époque, les instituteurs et institutrices, tout puissants, n’étaient pas toujours très tendres non plus… Qu’on se souvienne des 400 coups de Truffaut par exemple. Et dans les années 60, comme le dit Jacques, certaines mentalités pouvaient être encore restées sur de vieux schémas. Il faut  » recontextualiser ».Nous avons sans doute aujourd’hui, et c’est tant mieux, une plus grande intolérance à ces injustices.
    Pour ma part, comme je l’ai déjà raconté, je n’ai que d’excellents souvenirs du Glandier. J’ai déjà parlé de madame Roche, qui s’étant aperçue de mon goût pour la lecture, m’autorisait à lire pendant les siestes à bandeau. Je me souviens aussi d’un instituteur, dont je dois avoir le nom quelque part dans mes papiers, car j’ai retrouvé tout mon dossier de l’époque, qui était particulièrement pédagogue et qui a fait en sorte que non seulement je ne perde pas de temps au niveau scolaire et m’a fait au contraire considérablement progresser.
    Bien sûr, il y avait aussi le mythique Belvédère, où nous avions une totale liberté loin, très loin des yeux des surveillants, c’en était étonnant, puisque nous entrions dans des vergers voisins où nous volions quelques fruits. Nous observions les lucanes. Et jouissions d’une relative liberté.
    J’aimais aussi la beauté poétique de la Chartreuse, et entendre, parfois, la nuit, de mon lit, la cloche qui sonnait les demi-heures…
    Merveilleux souvenirs de l’enfance… Temps (et lieu) que je regrette…

  43. Oiseaulys
    Publié le 17/09/2013 à 3:31 | Permalien

    Bonjour,
    Je reviens sur le fameux belvédère. C’était la solution de facilité pour les surveillants car il était très proche du préventorium, il suffisait de traverser la route. Pas de grande marche. Je me souviens de ne l’avoir fréquenté que pendant les mois d’été et au début de l’automne, les autres mois de l’année, les mois d’hiver, nous faisions plutôt de longues balades dans la campagne ou allions à la Châtaigneraie, à l’extrême opposé du belvédère, de l’autre côté de la Chartreuse.
    Pour accéder au belvédère, on empruntait non pas l’imposante entrée principale du préventorium, mais une entrée latérale plus discrète, tout au bout des cours intérieures, à côté des pavillons où était logés, je suppose, certains membres du personnel. Il suffisait alors de traverser la route, l’entrée du belvédère était à moins de cent mètres.
    L’endroit n’était pas entièrement clos, et à droite et à gauche bordé de pinèdes. Nous faisions d’ailleurs des batailles de pommes de pin et parfois des enfants étaient sacrément amochés sans que personne n’en fasse un drame, comme on le ferait certainement aujourd’hui.
    Quand on était au haut du belvédère, on pouvait admirer le paysage et les vergers qui redescendaient en pente douce et où nous allions, plus pour l’aventure que poussés par la faim, grappiller quelques pommes vertes acides et des poires.
    Les surveillants nous laissaient donc entièrement libres dans ce grand terrain de jeu. Je ne sais plus comment nous étions alertés du rassemblement en fin de journée, -coups de sifflets ? -, pour rentrer à la Chartreuse.
    L’hiver, c’était plutôt donc de grandes marches dans la campagne. J’aimais beaucoup ces promenades. Nous chantions alors une chanson de marche aux étranges paroles :

     » (…) Nous avons l’estomac, ah ah l’estomac ah ah
    Nous avons l’estomac
    Dans les talons
    Ah la faim la faim la faim nous gagne
    Ah la faim la faim la faim gagnée (?) »

    Encore aujourd’hui je me demande ce que ces paroles peuvent bien vouloir dire…

  44. DANIELLE
    Publié le 19/09/2013 à 12:38 | Permalien

    Bonjour Oiseaulys, bonjour à vous tous,

    Comme vous, je pense que tous les enfants ont gardé un agréable souvenir de nos journées au belvédère, lieu fascinant pour les gosses, justement parce que nous y trouvions une certaine liberté.
    Je me rappelle qu’avec des petites copines, nous partions sur la droite de l’entrée, ça grimpait parce que le belvédère est tout en colines. Nous regardions si nous pouvions nous éloigner de la surveillance. Nous faisions un grand tour dans le bois, souvent accroupies, afin d’atteindre des endroits hors de vue. Ensuite c’était l’aventure , la liberté, le jeu et les découvertes.
    En haut, mais sur la gauche du belvédère que nous avions contourné, je me souviens d’un petit ruisseau, un rû, c’est lui qui nous a donné le plus de joie. Là, c’était super!
    Avec les petites amies nous marchions dans l’eau froide avec plaisir. Puis, allongées dans l’herbe, nous y buvions l’eau transparente qui serpentait dans le lieu sauvage, entre ciel et terre, au milieu des grands sapins. Nous observions avec surprise et crainte, les petites bêtes qui vivent dans l’eau.
    Puis il y avait le rappel afin de revenir au préven, les voix des monitrices et des enfants s’élançaient sur les colines, nous revenions heureuse d’avoir pris ce temps libre. C’est possible qu’il y ait eu un sifflet. Les souvenirs de chacun de nous reforment le puzzle du Glandier.
    Désolée, votre petite chanson, je n’en ai pas le souvenir, ça ressemble à une chanson de marche qui dit « nous avons faim après toute cette route ». Il me semble, qu’il n’y a rien de spécial ou de sous entendu dans les mots, enfin je le crois car la nouriture n’a pas manquée là-bas. Ce chant est du même genre que : « trois km à pieds ça usent les souliers » nous n’en avions pas forcément usé nos chaussures pour avoir, de force, parcouru trop de km. Quoi que… sur le sujet, oui, j’ai une anecdote ( j’ai troué mes chaussures et quelle histoire ça a fait) , je vous la raconterai une autre fois, je vous laisse de la place pour vous lire avec plaisir.
    Amicalement à vous tous.

  45. Hubert Boukobza
    Publié le 27/10/2013 à 5:38 | Permalien

    Le Glandier, on le quitte et on y revient.
    je me demande ce qui me pousse à faire cette nouvelle incursion dans mon passé. Peut-être un goût immodéré pour la nostalgie, surement aussi la promesse faite à Danielle de raconter quelques anecdotes sur mon séjour.
    Je me souviens que nous étions obligés de porter des pantoufles à l’intérieur des dortoirs.
    Il se trouvait que nous avions rejoint le Glandier précipitamment, mon frère Jules et moi sur les recommandations alarmistes de l’assistante sociale parisienne et que du coup, le contenu notre valise, faute de temps et d’argent s’en trouvait fort dégarni.
    Sans pantoufles à nos pieds, pas question d’entrer dans les dortoirs.
    Pas même pieds nus : on ne déroge pas avec l’essentiel, les enfants n’avaient qu’à bien se tenir sous peine de sanctions.
    Animées par une charité inhabituelle, les bonnes soeurs nous ont confectionné des « pantoufles ».
    Les miennes étaient magnifiques ; il s’agissait de fly foot blanches dont l’extrémité côté talon était déchirée et que nos protectrices on coupé en plein milieu.
    Si bien que j’avais l’avant du pied dans la pantoufle et plus de la moitié du pied non recouvert.
    question chaleur : pas terrible et question confort : horrible !
    Les apparences étaient toutefois sauvées.
    C’est quand j’ai vu mon frère arriver dans ses belles charentaises que je suis tombé jaloux.
    Rouge écossais, trop belles les pantoufles.
    Je ne comprenais pas ce qui faisait tordre mon frère de rire en me les montrant.
    Il s’est retourné et m’a montré le dessous de ses pantoufles.
    Il n’y avait pas de semelle. Il était mort de rire en m’expliquant qu’on lui avait confectionné une semelle en papier journal qui avait duré l’espace de trente pas.
    Nous avons vécu notre séjour entier avec ces objets de torture sans broncher.
    Pour le coup mon entrée au Glandier ne se fit pas en grandes pompes.
    A très bientôt pour vous raconter comment mon frère n’a plus pissé pendant 15 jours pour rejoindre l’infirmerie où il faisait bon vivre.

  46. JEAN Chantal
    Publié le 28/10/2013 à 7:11 | Permalien

    Bonsoir à tous,
    Quelle émotion de tomber sur ces courriers ; Je suis une ancienne « locataire » venant d’Ivry sur Seine (val de Marne) ; J’avais 6 ans et je suis restée un peu moins de 2 ans entre 55 et 57.
    Moi je passais une radio des poumons pour partie en colo au bord de la mer avec mes copines et, patatras, mes poumons en ont décidé autrement !
    Mes souvenirs, comme beaucoup d’entre vous, comme ils viennent :
    Une visite à Sully-Morland pour faire un dernier point, l’arrivée au Glandier à Vigeois par Troche (immuablement inscrit dans ma tête). Passage chez le coiffeur comme à l’armée.
    L’huile de foie de morue que je recrachais dans mon café au lait, les tubages (enveloppée solidement d’un drap pour éviter toute gesticulation), l’intra-dermo du mercredi avec un poignet qui gonflait, les cures du matin et les siestes de l’AM avec ce foutu bandeau et toujours les bras le long du corps ; Quant aux sévices je n’ai souvenir que d’un mais marqué à vie : ma culotte de pipi sur la tête au réfectoire régulièrement, quelle honte sur moi.
    J’ai souvenir également des cornettes, d’un instituteur sympa, des balades au Belvédère (Pompadour), des dortoirs froids, de ma cape, de mon béret, de mes chaussures d’orpheline, des couloirs froids du château et surtout des 2 visites de mes parents pas très riches, une fois en été (en tandem depuis Paris) et une en hiver (des amis plus argentés les avaient véhiculés avec leur dauphine) ; J’ai encore quelques photos de moi malingre et pour me donner le sourire mon papa s’était installé sur la « pelouse interdite » pour prendre une photo ! Je suis fille unique et le lien est resté très fort grâce au courrier volumineux que mes parents m’ont fait parvenir tout au long de ce séjour loin d’eux.
    Pour les chansons de marche je dois mélanger avec celles apprises en colo, plus tard. Par contre je me souviens (telle une rengaine) de la chanson « les baladins » de Gilbert Bécaud, j’ai l’impression que je l’entendais à tout bout de champ.
    J’ai souvenir aussi de la brandade de morue à l’état brut, très forte, longtemps je n’ai pu en avaler à Paris. J’ai souvenir aussi de la poudre de craie pour me laver les dents. Rêve ? réalité ?
    Ce soir j’écris comme ça me vient, pas de belles tournures de phrases, pas de beau français, mais j’avais envie de me lancer.
    J’y suis retournée avec mon mari et mes fils vers la fin des années 80. Emotion, frisson. Ce lieu m’a fait ce que je suis. Il était devenu un hôpital pour maladies neurologiques. Et maintenant ?
    En lisant tous les messages et en ayant un jour écouté Gérard Holtz, il me semble que j’y étais en même temps que lui. Participe-t-il à cette « thérapie » narrative ?
    Voilà, je reviendrai vers vous certainement si d’autres souvenirs me reviennent en tête et pour y découvrir d’autres histoires, vécues … ou ressenties ?
    Mes petites-filles étaient près de moi tout à l’heure quand j’ai découvert votre site ; elles ont des yeux éberlués et trouve que je parle du Moyen-Age !
    Pensées amicales à tous mes ami(e)s de … galère, oui je crois que je peux dire comme ça.
    Chantal JEAN

  47. Danielle
    Publié le 29/10/2013 à 11:38 | Permalien

    Bonjour Hubert et bonjour Chantal,
    Tout d’abord, je dois vous dire Hubert que je suis contente de vous retrouver. En effet, j’attendais vos anecdotes et je dois dire que je ne suis pas déçue par l’histoire de vos chaussons et ceux de Jules. Vous m’avez fait bien rire aujourd’hui , néanmoins, je ne suis pas vraiment étonnée que de telle choses aient pu arriver au préven. Quand même c’était un peu fort!!
    Moi-même j’ai eu mon histoire chaussures, car n’étant partie qu’avec une seule paire, j’ai usé, donc percé le dessous ce qui nécessitait un ressemelage. Le personnel me dit et me redit et me répête que mes parents ne répondent pas aux demandes d’argent afin de faire réparer les chaussures. Je ne comprenais pas le silence de mes parents qui normalement faisaient de suite le nécessaire, surtout que je recevais des colis régulièrement. Au Glandier il fallait l’argent avant le cordonnier, pendant ce temps les trous des semelles grandissaient et mes pieds souffraient des intempéries et des gravillons.
    Je pense qu’un jour la direction du Glandier fut informée du décès de mon père et de l’hospitalisation de ma mère, d’où le silence aux demandes d’argent. A ce moment, dans l’attente, d’un règlement rapide, compatissant, peut-être, ils me prêtent d’affreuses galoches à la semelle de bois et au cuir qui me pliait pas . D’immondes chaussures qui me compressaient les pieds et faisaient un bruit d’enfer sur les carrelages des couloirs. A chacun de mes pas,on ne pouvait me manquer avec le bouquant que je faisais. J’étais honteuse de porter de telles horreurs, qui plus est me faisaient souffrir terriblement. J’ai hurlé, pleuré, mais aucune solution ne semlait se présenter pour me sauver de ce supplice. J’ai tenue une seule journée avec ces galoches de bois, et plus les heures passaient et moins je n’arrivais à marcher, mes pieds étaient en feu, je clopinais comme un canard afin de compenser les douleurs. J’avais un mal fou à soulever ces lourdes galoches , d’autant que j’étais peu épaisse.
    Le soir, les pieds en sang étaient collés dans les galoches. Du coup, après larmes et cris, j’ai été autorisée, le lendemain, à mettre mes chaussons toute la journée… Mes chaussures furent envoyées vite fait chez le cordonnier. Je me revois au belvédère en chaussons que j’ai bien mouillés dans le ruisseau, mais chut! J’ai récupéré mes chaussures et bizarrement les réflexions ont cessées. Ce n’est que beaucoup plus tard que j’ai compris qu’un grand malheur était arrivé chez moi à ce moment là et que finalement la grâce avait peut-être touché mes gardiennes, ou bien… ma mère avait envoyé l’argent?
    Chantal, vous étiez d’Ivry et moi de Vitry, de plus, j’étais au préventorium comme vous en 1956, comme Gérard Holtz, peut-être. J’avais parlé un jour sur ce site de mes petites amies qui pour avoir parlé au réfectoire , étaient obligées de baisser leur culotte, tenir leur robe relevée à la taille et tourner sur elles mêmes afin que toutes les petites copines profitent d’un spectacle ignoble. Je n’avais que 9 ans mais je savais que jamais ces femmes ne me feraient subir cela. Les pauvres petites dont vous avez été, étaient honteuses, mais quelle horreur ces châtiments.
    Pourquoi êtes-vous restée deux ans au Glandier pour un ganglion?
    Je comprends la réaction de vos petites filles, si elles regardent certains films commes  » Les vauriens » à Belle Ile en mer, ça donne une idée de ces temps là et la violence faite aux enfants sans protection familiale. Certes nous n’avons pas eu des brimades aussi violentes que dans ce film, heureusement..Mais sommes nous ceratins que des faits similaires n’existent pas encore aujourd’hui?
    Je reviendrai vous raconter mon passage de plusieurs jours à l’infirmerie où, comme le dit Hubert, il faisait bon vivre, c’était un bol d’air, alors nous n’étions pas pressées d’en sortir.
    Bien amicalement. A+ DANIELLE

  48. Philippe Richeux
    Publié le 06/01/2014 à 3:15 | Permalien

    Bonjour à tous,
    Je tombe sur ce site en cherchant le Glandier et c’est un retour 55 ans en arrière…
    C’est tellemnt fort que j’en ai les larmes aux yeux.
    J’étais là bas en 1958 (pendant 6 à 9 mois) avec deux de mes soeurs. Nous avons tellement subi de brimades que mes soeurs, qui avaient 6 et 8 ans et qui devaient partir avant moi ont refusé de me laisser sur place et ont exigé de nos parents que je parte aussi.
    Tout ce qui est décrit est vrai: l’huile de foie de morue, les tubages enroulés dans un drap, le vomi remangé, les brimades journalières.
    J’ai quelques photos de cette époque et on a vriment l’impression de voir des orphelins pendant la guerre de 14/18.
    Mais pour moi le pire est ce qui suit:
    lorsque qu’on faisait une petite bétise, ce qui m’arrivait de temps en temps, on m’enfermait dans une pièce noire dans les combles du chateau, où soir disant le Chatelain avait tué sa femme. Et pour faire bonne mesure on tapait sur les murs!
    Je crois que j’ai toujours un peu peur du noir…
    Mais pourquoi ne peut-on pas retrouver les responsables et les punir avec tous nos témoignages?

    Merci de m’avoir lu

    Philippe

  49. Danielle
    Publié le 17/01/2014 à 9:58 | Permalien

    Bienvenu Philippe,

    Je suis très contente que vous ayez trouvé le site d’André où depuis pas mal de temps nouis pouvons y déposer nos souvenirs.
    Il est vrai que l’arrivée sur cette page est quelque peu perturbante parce que nous voici replongé d’un coup dans une partie de notre enfance. Votre émotion est donc normal, et en même temps vous verez qu’enfin vous trouverez l’apaisement pa toutefois tous les témoignages nous permettent de trouver notre vérité

  50. Danielle
    Publié le 18/01/2014 à 3:20 | Permalien

    Bienvenu Philippe,

    Votre message est touchant, il rejoint nos tristes souvenirs.
    Il est vrai qu’en arrivant sur ce site, c’est tout un passé douloureux, profondément ancré dans notre mémoire, qui ressurgit. Les années qui passaient nous ont, parfois même, fait douter de la réalité des faits que nous n’arrivions pas à évacuer.. Avait-on fabulé?
    Ici,nous avons enfin des réponses, nous nous retrouvons nous les pensionnaires du Glandier afin de raconter un morceau de notre parcours. Nous savons que nos tourments étaient malheureusement réels, ce qui permet de les poser derrière nous.
    Que ce serait bien si vous pouviez déposer vos photos sur le site d’André, non pas pour se faire du mal inutilement mais pour retrouver notre mémoire du passé. Tout est si réel et si flou en même temps. Y êtes-vous avec vos petites soeurs?
    Vous avez pu lire que moi aussi j’avais été enfermée dans le trou du souffleur,sous la scène,dans la salle de cinéma
    ( que j’ai revu en visitant le Glandier il y a trois ans) . Aujourd’hui encore je ne ferme pratiquement jamais les portes.. Quant à l’histoire qu’il ont voulu vous faire croire c’était presque vrai sauf que ce fut la dame qui avait été accusée d’empoisonnement sur son époux.
    Ces gens,qui nous encadraient, ne connaissaient rien aux conséquences de leurs actes, il faut dire que c’est une autre époque.
    Philippe je partage votre émotion et vous dis à bientôt j’espère.
    Bien cordialement.

  51. Publié le 18/05/2014 à 7:05 | Permalien

    J’ai moi aussi été au Glandier et ai partagé vos souffrances. Je me souviens de la garde chiourme dont vous parlez elle m’a fait peur une nuit parce que je n’arrivais pas à dormir en m’emmenant dans un escalier qui montait vers un étage noir où le grand ramponneau m’attendait avec son grand couteau : Je me suis mis à crier de terreur et j’en frémis encore. Un autre jour j’avais de la diarrhée et j’avais souillé mon lit. On m’a accroché le drap souillé au dos et j’ai du me promener ainsi au milieu des autres enfants. Ensuite on m’a mis tout nu et on m’a lavé en public devant tout le dortoir avec un jet d’eau, froide évidemment. Je me souviens des tubages, de ce cachet vert (le rimifon) qu’il fallait avaler ce que je n’arrivais pas à faire. Alors pour ne pas subir la punition suprême je le découpais en petits morceaux que je mangeais et cela avais un gout infect à vomir. Bien sûr j’ai aussi goûté au l’huile de foie de morue et subi les prises de sang avec la grosse seringue.
    On n’oublie pas le Glandier. J’y retournerai peut être bientôt pour essayer d’exorciser ces souvenirs.

  52. Publié le 19/05/2014 à 6:43 | Permalien

    J’y suis allé en 57 ou 58. Je me souviens d’une femme vétue d’un habit rose à carreau blanc qui était là dans la journée et qui, par sa gentillesse, adoucissait les mauvais traitements perpétrés par d’autre membres du personnel. Les seuls endroits où nous étions à l’abri était le belvédère et la classe. Là on revivait. Par contre la cornette de veille la nuit était réellement une sorcière pire que Carabosse et avait recours à toutes les formes de violence psychique et d’humiliation: une vraie Kapo sans aucune humanité. Je la détestais et je l’aurais tué si j’avais pu. Les soins étaient pénibles mais c’était des soins pour notre bien donc il fallait les supporter mais pourquoi ajouter à cela une violence sadique à l’égard d’enfants si jeunes? Les autorités sanitaires n’exerçaient t-elles aucun contrôle sur les personnels dans ce coin perdu loin de tout? J’ai du faire ma classe de 9eme au Glandier. J’ai une photo de moi avec une petite fille avec qui je parlais souvent et qui a été prise dans la cour d’honneur à l’occasion de la seule visite de ma mère pour Nöel.

  53. Danielle
    Publié le 20/05/2014 à 10:00 | Permalien

    Bonjour Jean-Paul,

    Je constate, Jean-Paul, que peut-être nous étions au préventorium en même temps, moi c’était de septembre ou octobre 1956 pour six mois donc retour vers mars ou avril 1957. Je crois que beaucoup d’entre nous avons dû nous connaitre, nous parler ou nous croiser, voire joué ensemble au belvédère. Le temps a tout effacé , dommage. Je n’ai aucun souvenir du Noël 1956. Rien?
    Néanmoins il vous reste , comme Philippe, une photo, ce serait vraiment bien de la mettre sur ce site, si je me souviens bien il faut cliquer sur « galerie » en haut de cette page et là on vous guide pour poser vos photos. Moi je n’ai pas d’anciennes photos n’ayant pas vu mes parents durant les six mois ( mon père décédé et ma mère hospitalisée), il faut dire que c’était loin de Paris, mes parents n’avaient pas de voiture. Par contre, ayant passée quinze jours de vacances tout près du Glandier, j’ai pu faire pas mal de photos que j’ai posées pour pa, mais j’en ai d’autres dans mon album « Corrèze ». La région est bien belle ça vaut le détour.
    Je suis contente que vous soyez venu parler de votre séjour à la chartreuse du Glandier et encore une fois vos souvenirs rejoignent la majorité des récits bien malheureux. Je vois que bien que malade vous avez subit des douches froides, ça je ne me souviens pas d’avoir eu cette torture, mais d’autres personnes en ont témoigné. Effectivement les responsables de ces placements, soit le département de la Seine, n’ont eu aucun état d’âme pour ce qui se passait là-bas, seul comptait le remplissage des lits afin de rentabiliser les lieux. D’ailleurs lorsque la tuberculose a disparue en France, l’autorité sanitaire a optimisé la rentabilité en trouvant d’autres malades.
    Je me souviens de la classe qui dans mes souvenirs était petite. C’est là que l’on écrivait à nos parents, ce que je faisais avec entrain et avec mes mots et ma vérité. Sauf que mes lettres furent chaque fois déchirées, en effet, nous avions un modèle sur le tableau et il nous était demandé de copier cette lettre. Toutes les familles avaient les mêmes nouvelles au mot près.. Je sais aujourd’hui que c’est à partir de là que j’ai compris l’importance de l’écriture, du plaisir de l’échange et de la valeur incroyable des facteurs. J’écrivais à mon père et l’on m’a dit un jour qu’il n’était pas possible de lui écrire car comme il était malade, et bien dans le village où il était soigné il n’y avait pas de facteur…Je n’avais pas compris… et j’ai cru que dans des coins de France il n’y avait pas de facteur.. C’est peut-être pour cela que j’adore la naïveté et la spontanéité des enfants. Finalement on m’a quand même épargné la vérité, j’en déduits qu’il y avait un peu de compassion.

  54. Danielle
    Publié le 20/05/2014 à 10:21 | Permalien

    Bonjour Jean-Paul,

    Je constate, Jean-Paul, que peut-être nous étions au préventorium en même temps, moi c’était de septembre ou octobre 1956 pour six mois donc retour vers mars ou avril 1957. Je crois que beaucoup d’entre nous avons dû nous connaitre, nous parler ou nous croiser, voire jouer ensemble au belvédère. Le temps a tout effacé , dommage. Par exemple, je n’ai aucun souvenir du Noël 1956. Rien?
    Néanmoins il vous reste , comme Philippe, une photo, ce serait vraiment bien de la mettre sur ce site. Si je me souviens bien, il faut cliquer sur « galerie » en haut de cette page et là on vous guide pour poser vos photos. Moi je n’ai pas d’anciennes photos n’ayant pas vu mes parents durant les six mois ( mon père décédé et ma mère hospitalisée).
    Par contre, ayant passée quinze jours de vacances tout près du Glandier, j’ai pu faire pas mal de photos que j’ai posées pour partie sur ce site , toutefois j’en ai d’autres dans mon album « Corrèze », ce serait peut-être bien que j’en pose encore. La région est bien belle elle vaut le détour.
    Je suis contente que vous soyez venu parler de votre séjour à la chartreuse du Glandier et encore une fois vos souvenirs rejoignent la majorité des récits bien malheureux. Je vois que bien que malade vous avez subit des douches froides, heureusement je ne me souviens pas d’avoir eu cette torture, mais d’autres personnes en ont témoigné.
    Effectivement les responsables de ces placements, soit le département de la Seine, n’ont eu aucun état d’âme pour ce qui se passait là-bas, seul comptait le remplissage des lits afin de rentabiliser les lieux. D’ailleurs lorsque la tuberculose a disparue en France, l’autorité sanitaire a optimisé la rentabilité en trouvant d’autres malades.
    Je me souviens de la classe qui dans mes souvenirs était petite. C’est là que l’on écrivait à nos parents, ce que je faisais avec entrain et joie avec mes mots et ma vérité. Sauf que mes lettres furent chaque fois déchirées. En effet, nous avions un modèle unique sur le tableau noir et il nous était demandé de copier cette lettre qui nous disait heureux et en bonne santé. Toutes les familles avaient les mêmes nouvelles au mot près.. Je sais aujourd’hui que c’est à partir de là que j’ai compris l’importance de l’écriture, du plaisir de l’échange et de la valeur incroyable des facteurs. J’écrivais à mon père, et un jour on me dit qu’il n’était pas possible de lui écrire car comme il était malade, et soigné dans un village où il n’y avait pas de facteur…Je n’avais pas compris… et j’ai cru en 1957 que dans certains coins de France éloignés, il n’y avait pas de facteur.. C’est peut-être pour cela que j’adore la naïveté et la spontanéité des enfants. Finalement on m’a quand même épargné la vérité, j’en déduits qu’il y avait un peu de compassion.
    Contente de vous avoir lu Jean-Paul, oui pour tuer la Carabosse, allez revoir cette belle chartreuse, vous en reviendrez guéri…
    Amicalement et à bientôt.

  55. Jacques HANART
    Publié le 24/07/2014 à 4:01 | Permalien

    Souvenirs ! Emotion ! Thérapie ? Guérison ?

    Séjour : 7 mois en 1951, j’avais 6 ans.
    Je passe volontiers sur les mauvais souvenirs. Bien que, par craintes d’être pris pour un vil affabulateur, je n’ai jamais raconté à mes garçons, mes avatars de petit parisien en Corrèze profonde (très profonde).
    Mes bons souvenirs : La Nature (après Les Buttes Chaumont, c’était facile). Les ruisseaux, les étangs où nous sommes allés un matin, voir les anguilles passer d’un étang jusqu’aux eaux vives ou le contraire. Cela dans l’herbe fraîche et mouillée. Du grand spectacle et une belle trouille, mais un indélébile souvenir.
    Mes premiers émois : elle s’appelait (ou s’appelle toujours) BERNADETTE. L’hiver dans ces années-là était frisquet. Le confort ‘spartiate’. J’avais un DON. J’ai toujours eu les mains chaudes (et sèches). Ce qui me permettais, en promenade, de réchauffer les mains des filles. Bernadette, une grande de 7 ans ½ ou 8 ans avait droit à double ration, et ne s’en privait pas. Vu de mes 70 printemps, ces moments sont des diamants bruts, ils m’ont permis d’accepter les difficultés de ce séjour.
    A la fin des années 70, alors que mon épouse et les garçons étaient en séjour à Pompadour pour les chevaux, j’ai poussé jusqu’à ‘Le Glandier par Troche, Corrèze’. Tout était là, les bâtiments, les agencements, mais j’avais un problème. Dans mon souvenir, tout était GRAND et voilà que 30 ans plus tard, ils avaient tout réduit. Choc.
    Le passage en ces lieux nous a griffés, souvent profondément. J’ai remarqué qu’il y avait (peut-être) plus de demoiselles que de garçons, à se raconter. Mais cela fait du bien, soyez en remercié. En lisant les témoignages je suis passé du sourire aux picotements dans les yeux . . . étranges sensations.

  56. Danielle
    Publié le 05/09/2014 à 11:23 | Permalien

    Bonjour Jacques,

    Désolée de venir vous répondre après plus d’un mois, mais voila il y a eu les vacances, puis les obligations, puis puis… En tout cas je suis ravie de vous retrouver ici avec nous la tête et le cœur pleins de si beaux souvenirs tendres, c’est vrai il y en a eus des bons moments , même si on les a volé bien souvent. Aussi, les enfants ont cela de bon : ils portent la force de la vie et l’espoir. Que ce serait beau si Bernadette venait pour répondre à vos souvenirs, si je regarde bien, dans toutes les dames qui sont venues raconter leur passage au Glandier il n’y a pas une petite Bernadette…
    J’ai pu voir aussi Pompadour avec son terrain de courses de chevaux et le grand château qui lui fait face, cette région est vraiment belle et reste encore sauvage par endroits. Vous dites que tout a rétréci… ou bien vous avez beaucoup grandi.. J’ai ressenti la même chose surtout dans là salle de théâtre et cinéma, c’est tout petit alors que quand j’avais 9 ans, c’était grand… Il faut dire aussi que les grands dortoirs sont transformés en chambres individuelles, certains grands espaces ont subit des transformations.
    Il est vrai qu’il y a davantage de femmes qui viennent se raconter et pardonnez moi, je suis l’incorrigible bavarde qui intervient tout le temps, je suis si contente d’avoir retrouvé le Glandier et ceux qui comme moi y ont passé quelques mois. De plus je rencontre ici des gens extraordinaires, remplis d’émotions, j’adore vous lire tous.
    Gardez votre sourire…Danielle

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